Littérature-Michel Rostain-Le fils

Posted on 3 april 2011

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Prix du « Premier Roman » décerné par l’académie Goncourt

L’auteur partage sa grande souffrance, en faisant parler son fils adulte décédé.

« Le Onzième jour après ma mort, papa est allé porter ma

couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras

chargés de ma literie, le nez dedans. il se dit qu’il renifle mon

odeur. En fait, ça pue, je ne les avais jamais fait laver ces draps

ni cette couette. Ça ne le choque plus. Au contraire : subsiste

encore quelque chose de moi dans les replis blancs qu’il porte

à la teinturerie comme on porterait le Saint Sacrement. Papa

pleure le nez dans le coton. Il profite. Il sniffe encore un coup

la couette, et il pousse enfin la porte du magasin.

Papa ne plus trainer. Condoléances, etc. Le teinturier –

recondoléances , etc. – débarrasse papa de la couette. Papa au-

rait voulu que ça dure, une file d’attente, une livraison, une tem-

pête, juste que ça dure le temps de respirer encore un peu plus

des bribes de mon odeur. Papa se dépouille, il perd, il perd. »

Michel Rostain nous happe dans le récit d’un deuil impensable. Avec une infinie pudeur et une grande finesse, il nous entraîne dans les méandres d’un amour absolu, celui d’un père pour son fils.

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